Franck Nicolas & Jazz Bèlè Philosophy

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jazzbeleteamLe rythme ne faiblit pas. Bien au contraire même. Ainsi, dans la même foulée, et à la suite de Kokyiaj, Trio Zalizé et Psychédélick Trio, Franck Nicolas nous propose l’innovant Jazz Bèlè Philosophy. Cet album est intéressant à plus d’un titre. Beaucoup plus même. D’abord, Jazz Bèlè Philosophy s’inscrit clairement dans la même vague que les autres albums cités ici. Renouvellement des sons, mise en valeur des conques et introduction de claviers synthétiques plus ou moins distordus – sur Kokyiaj, Franck avait déjà réussi à asseoir Alain Jean-Marie derrière un Rhodes : le début de la révolution ! Renouvellement également des musiciens qui l’accompagnent avec l’arrivée de Grégory Privat, Arnaud Dolmen, le retour de valeurs sûres telles que Michel Alibo, Mario Canonge… Bref, le sillon de la Jazz Ka Philosophy n’aura jamais été autant fertile que ces deux dernières années. A tel point donc qu’il aborde même la Martinique avec ce disque consacré au Bèlè.

Jazz Bèlè Philosophy est aussi dans un sens un album synthèse. Les compositions de Franck rappellent souvent l’époque de Maggnetick. Et puis Franck a fait appel à Magic Malik dont la flûte avait déjà partagé le tout premier opus de Jazz Ka Philosophy il y a plus de dix ans. Le Bèlè ouvre à Franck de nouveaux horizons pour ses compositions, grâce à ses rythmes, magistralement tenus par Philippe Gouyer-Montout, dont le son si particulier rappelle parfois les voice drums africains. A la batterie, Franck est allé dénicher un jeune musicien martiniquais prometteur, Laurent Emmanuel Bertholo, maître du temps et du ti bwa, tellement reconnaissable.

Histoire, littérature, géographie et vie quotidienne de la Martinique illustrent les titres choisis par Franck Nicolas pour emmener le Bèlè dans les sphères du jazz. La patte unique de Magic Malik donne de l’air aux orchestrations de Franck, toujours aussi à l’aise dans la construction de ses mélodies et de ses rythmes infernaux. Les styles si différents mais complémentaires de Mario Canonge et Grégory Privat aux claviers, ancrent la musique dans toutes les facettes du jazz et de la tradition caribéenne. Enfin, les voix ne sont pas oubliées, avec la participation remarquée de Sylvain Padra pour l’Hymne Jazz Bèlè, ainsi que de la jeune Léa Maï-San Nimsay. Bon sang ne saurait mentir !

jazzbele_200Franck vient de passer un mois aux Antilles pour la promotion de sa musique avec un séjour remarqué de la Fanfare Ka, d’abord dans le cadre du festival ÎloJazz en Guadeloupe, puis plus largement à pied et en concert un peu partout dans l’île. Le plein de musique, et l’occasion d’aller également poser quelques notes en Martinique sur l’album à venir de l’excellent batteur Dominique Bougrainville. De retour en métropole, Franck Nicolas présentera Jazz Bèlè Philosophy à Montpellier lors de deux soirées, au JAM le 23 janvier 2014, puis au Trinque Fougasse Ô Nord le lendemain.

Jazz Bèlè Philosophy 8 – Martinique – 2013 – Franck Nicolas

Franck Nicolas (trompette, bugle, coquillages), Magic Malik (flûte), Mario Canonge (piano), Grégory Privat (Rhodes, Moog), Michel Alibo (basse) Laurent Emmanuel Bertholo (batterie, tibwa), Philippe Gouyer-Montout (tambour Bèlè, voix). Invités Sylvain Padra (chant), Léa Maï-San Nimsay (chant). Produit par Franck Nicolas et Emanayaprod

Ray Léma et Mario Canonge pour une soirée en hommage à Aimé Césaire

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2011-Mitan-200Le 11 décembre prochain, le New Morning organise une soirée exceptionnelle en hommage à Aimé Césaire à l’occasion de la sortie chez CNRS Editions d’un épais volume critique et génétique contenant l’essentiel de son œuvre littéraire et critique, et de l’inauguration d’une salle Césaire à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm où a étudié Aimé Césaire.

C’est d’abord Ray Léma en quintet qui débutera la soirée avec son quintet vocal Nzimbu. Dans la langue Kikongo de l’ancien Royaume du Kongo, Nzimbu veut dire le chant et la fortune. Trois générations, trois timbres de voix qui s’unissent, puisant leurs sources dans l’Afrique profonde mais également dans l’Afrique d’aujourd’hui, bien ancrée dans la réalité urbaine des grandes villes. « Nzimbu » fait le pari d’une esthétique acoustique entre le piano de Ray Lema et les percussions de Fredy Massamba accompagnés par la guitare de Rodrigo Viana, venu tout droit du Brésil, l’enfant perdu de l’Afrique. Ray Lema (vocal, piano), Ballou Canta (vocal, percussions), Fredy Massamba (vocal, percussions), Rodrigo Viana (guitare acoustique).

New_Morning_Page_1_Image_0001C’est ensuite en trio, avec Félipe Cabrera (b) et Arnaud Dolmen (dms), que Mario Canonge présentera son répertoire. Autour de l’album Mitan, c’est, comme le rappelle Michel Contat pour Télérama « Un style. Une culture, littéraire aussi (Césaire, Glissant, Chamoiseau) et rythmique, avec, au coeur, la chanson, étonnant voyageur qui tourne, léger et puissant, emportant à bout de bras son piano-monde. »

Enfin, la soirée sera également ponctuée par des interventions du conteur et slameur camerounais Ze Jam Afané. Originaire du sud du Cameroun, celui-ci a commencé très jeune à écrire. Pour ce poète, la parole est musique, la musique est parole. Ses improvisations passent de l’un à l’autre avec aisance.

Concert le 11 décembre au New Morning, à 20h30. 7 & 9 rue des Petites Écuries – 75010 Paris

Archives et dossiers… Petit clin d’oeil aux années 80.

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Un peu de rangement aujourd’hui, et je retombe sur une vieille pile de 33 tours… Au milieu de tout ça, une pépite de la fin des années 80, du bon vieux soukous comme on n’en fait plus. Kass Kass, ça vous parle. Voici la pochette.

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D’un coup, ça vous parle mieux ? Avec le son, ça donne ça.

Mais le meilleur est au dos… Synthé, Mario Canonge, et basse, Michel Alibo ! Et on est largement avant Ultramarine ou Retour aux Sources. Voici la preuve. Album « Kass Tout », sorti chez Buda Musique en 1988. Au passage, notez aussi la présence de Patrick Artéro, Allen Hoist…

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Yepa !

ÎloJazz, cinquième édition

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ilojazz01La cinquième saison du Festival ÎloJazz se profile déjà. Sous l’égide de Cap Excellence, la communauté de communes Pointe-à-Pitre / Abymes, le festival se déroulera du 9 au 15 décembre et comprendra bien évidemment, plusieurs plateaux musicaux de prestige, mais également des master classes, des stages, des concerts dans les rues, des séances de cinéma, le kabaré jazz et le karaoké jazz. Pendant une semaine, le jazz, caribéen ou non, va véritablement envahir la cité !

Le parrain du festival n’est rien moins que Marcus Miller, qui boucle tout juste son « Renaissance tour » et vient d’être nommé Artiste pour la Paix par l’UNESCO. Le bassiste connait bien la Guadeloupe et s’y est déjà produit par le passé, mais revient avec bonheur pour clôturer le festival sur la place de la Victoire (Dimanche 15 décembre – 21h00).

C’est à Dominique Bérose que la Direction du Festival a proposé cette année de présenter sa Carte Blanche. Pour ce projet d’envergure, Dominique présentera d’une part le répertoire de l’album Parcours, mais surtout partagera l’évènement avec le saxophoniste Luther François et le guitariste béninois Lionel Louéké. Cette Carte Blanche sera donc l’occasion d’un échange et d’un lyannaj entre l’Afrique et la Caraïbe autour du high life, de la biguine jazz et du gwoka (Dimanche 15 décembre – 19h30).

C’est à la gare routière de Lauricisque que se tiendra, le 14 décembre, la scène Urban Jazz du festival. Akiyo au grand complet ouvrira la soirée Akiyo Mas Electro Ka, avec la participation d’Exxos Metkakola & Doubg. Transe festive gwoka en perspective, emmenée par François Ladrezeau (Samedi 14 décembre – 19h00). C’est ensuite presque une légende qui prendra le relais, et qu’il serait dommage de manquer. Arrested Development fait quasiment figure d’ancêtre et de référence avec sa musique entre rap et funk, promenée sur les scènes du monde depuis la fin des années 80 (Samedi 14 décembre – 20h30).

Le Centre Culturel de Sonis se fait un devoir chaque année, d’accueillir la scène afro-caribéenne du festival. Le programme de cette édition est particulièrement riche avec l’ouverture en fanfare – ka, évidemment – par Franck Nicolas qui présentera sa Jazz Ka Philosophy. Le concert rendra en particulier hommage à Kafé, et verra la participation entre autres d’Arnaud Dolmen, Mario Canonge, Michel Alibo, Joby Julienne, Sylvain Joseph, Olivier Cafafa…  Franck vient tout juste de produire l’album Jazz Bèlè Philosophy, volume 8 de son travail sur les rythmes traditionnels de Martinique et de Guadeloupe, à la fin d’une année déjà très productive avec la sortie de Psychédélick Trio en mai dernier (Vendredi 13 décembre – 19h00).

Les frères Widmaïer comptent parmi ce que le jazz haïtien propose de mieux depuis de longues années. Mushi – claviers – et Joël – batterie et percussions – ont produit plusieurs albums particulièrement intéressants, et Joël est également le directeur du Festival de Jazz de Port au Prince depuis plusieurs années. Ils seront sur la scène de Sonis à partir de 20h30 (Vendredi 13 décembre – 20h30).

Enfin, Etienne Mbappé, qui vient de produire son troisième album Pater Noster, viendra à la tête de son formidable groupe Su La Také pour finir de mettre le feu à cette soirée qui promet d’être haute en couleurs. Etienne connait également bien les Antilles et la Guadeloupe, pour avoir été l’un des membres fondateurs du groupe de jazz fusion Ultramarine avec Mario Canonge et Nguyen Lê. Il s’est d’ailleurs également produit avec Nguyen Lê sur la scène du festival de Pointe-à-Pitre il y a quelques temps, et avait présenté le premier album de son groupe à LaKaza en 2005 (Vendredi 13 décembre – 22h00).

La soirée d’ouverture du festival aura en fait eu lieu la veille, sur la place de la Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul à Pointe-à-Pitre.  De Saint Domingue, Chichi Peralta aura la lourde responsabilité de tâcher de mettre le feu aux poudres dès le départ, ce qu’il devrait réussir à faire sans trop de difficulté, avec sa musique haute tension, qui mélange jazz, merengue, afro, pop etc. (Jeudi 12 décembre – 19h00).

C’est une ancienne marraine du festival, l’intouchable Rachelle Ferrell qui se produira ensuite sur scène. Conquise par la Guadeloupe – qui le lui rend bien – après son concert de 2010, elle a choisi de revenir pour prolonger le partage de sa musique avec les Antilles (Jeudi 14 décembre – 20h30).

La tradition d’IloJazz, héritée du Festival de Jazz de Pointe-à-Pitre, c’est aussi la musique dans la rue. Les anciennes déambulations ont été rebaptisées Jazz Lari, et apportent la musique dans les quartiers, au plus près des habitants. C’est souvent l’occasion de belles découvertes, et d’artistes prometteurs. D’ailleurs, la plupart des artistes guadeloupéens présents sur les scènes du festival aujourd’hui, sont passés par ces concerts de rue, et y retournent parfois, toujours avec plaisir. Par exemple, la Fanfare Ka de Franck Nicolas arpentera tout le centre de Pointe-à-Pitre, samedi 14 décembre à partir de 11h30. Au programme de Jazz Lari, on retrouvera également Chabela, Wopso, Yvan Juraver, Fondong quintet, le Ka Rue Jazz Choir et le Lamentin Karukera Big Bang Project tout au long de la semaine.

Enfin, notez que la plupart des artistes internationaux dispenseront des master classes, qu’il s’agisse de Lionel Louéké (guitare), de Rachelle Ferrell (voix) ou bien de Marcus Miller (basse). Bon festival à tous !

Retrouvez l’actualité du festival sur leur page Facebook et sur le site de Cap Excellence

Mizikopéyi au Café de la Danse

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mizikopeyi« Le concert parisien de Mizikopéyi est prévu ce dimanche 1er décembre au Café de la Danse à 18h00, ouverture des portes à 17h00. C’est un concert de sortie nationale de l’album « Jazz créole ». Nous le présenterons à la presse nationale et aux organisateurs de festivals. L’occasion nous est ainsi donnée de montrer à ces « décideurs » que Mizikopéyi existe et que surtout son public existe. Thierry et moi comptons sur une belle mobilisation pour réussir cette démonstration qui devrait déclencher d’autres événements en 2014 pour Mizikopéyi. Soyons nombreux à cette ultime prestation du Big Band pour 2013. » nous annonce Tony Chasseur.

Initiateur d’un concept fort original, Tony Chasseur présente sur scène le must de la musique antillaise dans un répertoire complètement moulé pour big band style «New Orleans ». Une section de douze cuivres, cinq musiciens, Mizikopéyi propose des représentations d’une élégance inégalée et d’une qualité musicale extraordinaire… Deux albums, «De Racines et d’Influences» et «Mizikopéyi ka wouvè zel-li», parus respectivement en 2008 et 2011, servent de bases au répertoire du big band, offrant titres inédits et nouvelles versions d’œuvres du répertoire martiniquais et même au-delà des frontières antillaises.

Son secret : L’étonnant talent des musiciens et par dessus tout le savant métissage des rythmes traditionnels et populaires des Antilles et des mélodies afro-caribéennes en harmonie avec un pupitre de cuivres et ce, dans la grande tradition de la Nouvelle Orléans. Le genre étonne, puis ravit et séduit totalement. Ce charme musical bien pensé habille et habite les salles de concerts qui ne désemplissent jamais. Les musiciens talentueux qui composent Mizikopéyi sont reconnus sur les scènes internationales, et s’attachent à défendre la qualité de la création musicale martiniquaise d’hier et d’aujourd’hui dans cet exercice si particulier de l’arrangement big band.

Ci-dessous le lien billetterie pour ce concert de Mizikopéyi au Café de la Danse,
http://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Jazz-MIZIKOPEYI-CD01D.htm.

Mizikopéyi sera le 7 décembre à Liège (Belgique), précisions à venir en temps utiles sur cet événement…

Meet me, deuxième album très réussi de Tricia Evy

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Meet_me_cover200Avec la sortie de « Meet me », la talentueuse Tricia Evy s’attaque au défi dit du deuxième album. Celui qui doit confirmer, tout en dépassant, mais sans enfermer… Et de ce que j’y écoute, il s’agit d’un examen très réussi ! Tricia s’appuie sur le quartet avec lequel elle tourne ces dernières années, et la complicité qui les lie s’entend clairement. L’équipe s’est enfermée durant une semaine à Pompignan dans le Gard, dans le mas des studios Recall, pour graver en pleine complicité cet album fusionnel. A la basse et à la contrebasse, Thierry Fanfant apporte une force et une solidité tout en finesse, appuyé par le swing délicat de Francis Arnaud. David Fackeure fait ici office de directeur musical, et en plus de son jeu particulièrement pertinent et sensible, a fourni des arrangements instrumentaux et vocaux de qualité.

Avec « Meet me », Tricia Evy nous livre un album très personnel, et de grande classe. La délicatesse de la voix, sa diction, le ton général que ce soit en français, en anglais ou en portugais, font de cet album un objet précieux et apaisant. Que l’on ne s’y trompe pas, « Meet me » sais aussi être entrainant, et Tricia ne dédaigne pas de scatter, par exemple sur l’extended version d’Agua de Beber qui clôt l’album en donnant à chacun l’espace nécessaire pour s’exprimer. Après un premier album fait de standards du jazz et de biguines, Tricia mixe ici plus largement ses inspirations, de Baden Powell à Chopin en passant par Al Lirvat, et surtout, compose une partie des morceaux. On découvre ainsi qu’elle a un vrai don pour créer des mélodies accrocheuses, appuyées par les arrangements de David Fackeure. Le titre Meet me, qui donne son nom à l’album et illustre le pont qu’elle trace entre l’Europe (ou bien les Antilles ?) et l’Australie de son cœur, en est une démonstration éclatante, de même que Lanmou A, entre zouk et latin jazz, et sur lequel elle a fait appel à Sonny Troupé. « Meet me » est ainsi un album varié, où les prises de risquent existent comme dans la composition a cappella You’re beautiful ou bien dans le traitement appliqué à la Mazurka op. 67 n°4 de Chopin, à la fois original et réussi.

« Meet me » est sorti chez Plus Loin Music, un label qui ces temps-ci produit beaucoup de disques qui nous parlent, de Grégory Privat à Etienne Mbappé, entre autres !

Etienne Mbappé, troisième volet : Pater Noster

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embappe_yasmin_webCinq ans après la sortie de Su La Také, Etienne Mbappé nous revient avec son troisième album, Pater Noster. Cinq ans déjà ? Et oui… Mais Etienne vous dirait plutôt qu’il ne lui a fallu « que » cinq ans, pour se sentir prêt à sortir le nouvel opus de son groupe. Et que c’est très bien comme ça, puisque c’est lui qui décide ! Le groupe Su La Také est donc de retour pour notre plus grand plaisir. Etienne Mbappé a un agenda de ministre, partagé entre son groupe, ses collaborations avec John McLaughlin, Bill Evans ou bien encore les Ringers – pour le côté jazz et fusion –, ses apparitions aux côtés de Ray Lema – cf. le tout récent VSNP – et trouver le temps de réaliser un troisième album était donc une vraie gageure.

Cette année, Etienne et Su La Také ont aussi largement exploité le laboratoire du Baiser Salé pour expérimenter leur musique, essayer les nouveaux morceaux, choisir ceux qui figureront sur l’album ou pas. A raison de quatre soirs par mois, Pater Noster y a subi une cure d’incubation intense et cela se ressent dans la qualité de l’album tel qu’il parait aujourd’hui.

Su La Také a un peu évolué ces derniers temps, mais s’appuie toujours sur l’excellente Cate Petit – aux chœurs et à la danse. Cédric Baud, aux guitares, a pris une assurance et une maitrise certaines et assoie indéniablement le groupe. De plus, ses talents d’ingénieur du son ont été mis à contribution pour la réalisation de l’album. Au violon, Clément Janinet apporte à la fois de la virtuosité et de l’ouverture, par les couleurs qu’il transmet. Enfin, le choix de Nicolas Viccaro à la batterie est probablement la meilleure chose qui soit arrivée à Su La Také récemment. Ce garçon est un virtuose, qui plus est souvent sur des rythmes qui n’ont a priori rien de naturel pour lui au départ, et son feeling très jazz se ressent dans le swing qui sous-tend nombre de morceaux de l’album.

Pater Noster – baptisé ainsi par Etienne du nom du morceau qu’il a écrit pour sa mère récemment disparue – est un disque qui fait la part belle à la guitare sous toutes ses formes. On voyage ainsi du jazz au rock – chassez le naturel, il revient au galop – et bien sûr à l’Afrique, avec des touches, des chorus, des lignes, qu’Etienne et Cédric se partagent avec bonheur. La palette se complète avec les influences celtes, arabisantes ou classiques de Clément au violon.

Etienne Mbappé a également soigné les textes et le « pitch » de chaque chanson est rappelé dans le livret de l’album. On y parle de la vie, de sujet parfois graves et en tous cas souvent sérieux, de l’amour bien sûr, et il est toujours étonnant de constater la facilité qu’il y a à transmettre ces messages loin d’être anodins, sur des musiques qui paraissent souvent faussement légères.

Pater_Noster-200Pater Noster, qui démarre sur un tempo médium, fait rapidement alterner balades et transes ou danses, pour un voyage jouissif dans une Afrique mâtinée de jazz et de rock et on en redemande. Au total, Etienne Mbappé fait du Etienne Mbappé, et c’est justement pour cela que nous avons signé, donc c’est parfait ainsi. Et puis, le disque nous réserve également quelques surprises, par exemple en nous entrainant en Afrique de l’Ouest – Wé Mba Tiki, qui fait irrésistiblement penser à l’album Folon de Salif Keita – pour même s’achever sur une chanson en pensée pour le Mali, la voix uniquement soutenue par la guitare et le violon.

Pater Noster – 2013 – Etienne Mbappé & Su La Také, chez Plus Loin Music.

Plus d’information : http://www.etiennembappe.com

Sylvain Joseph – saxophone

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sylvainjoseph01_300Sylvain Joseph est un saxophoniste guadeloupéen, né aux Abymes en 1987. Il apprend d’abord le piano dès l’âge de cinq ans avec Clotaire Marboeuf. À neuf ans, il est introduit au saxophone soprano par Camille Sopran’n et s’initie ensuite à l’alto avec Jocelyn Ménard. Camille Sopran’n lui permet alors de jouer dès son plus jeune âge à ses côtés, notamment au « Festival de Ré », au « Créole Blues » de Marie Galante ainsi qu’au « Centre des Arts » à Pointe-à-Pitre. Vers 13 ans il participe aux « Orchestrades de la Caraïbes » dirigées Marc Rovelas et lorsqu’il a 15 ans avec Stéphane Kochoyan au Festival « Les enfants du Jazz de Barcelonnette ». A cette occasion, il rencontre et travaille avec les saxophonistes Pierrick Pédron, Guillaume Naturel ou encore le trompettiste Alain Vankenhove. Durant le festival il participe à la master-class d’Elvin Jones, et joue en première partie de Michel Camilo et Cassandra Wilson avec le Big Band et un invité de marque Tigran Hamasyan. C’est aux côtés de jeunes musiciens comme les frères Tixier, Renaud Gensane, Camille Poupat et lors des jam sessions auxquelles il participe, que Sylvain tombe amoureux du jazz. En 2005 Sylvain présente le concours du CNSM de Paris mais échoue à l’épreuve écrite. En 2006 le bac en poche il part tout de même pour Paris et bénéficie des conseils de Riccardo del Fra, directeur du département jazz du CNSMDP, et s’inscrit pour deux ans au Conservatoire du 9ème arrondissement avec André Villeger, Emil Spanyi et Pierre Carrié.

La même année, c’est dans une jam session du Petit Paris à Gosier, où il a l’habitude de se rendre, qu’il se fait repérer par le trompettiste Franck Nicolas qui le prend immédiatement sous son aile. Il intègre sa nouvelle formation et ils partent en tournée à Berlin durant semaines. En 2007, avec Franck, il enregistre l’album de la « Fanfare Ka »(à paraître), en compagnie de Mario Canonge et Michel Alibo. Il intègre de fait à ce moment-là, le groupe « Jazz Ka Philosophy » du trompettiste et rencontre ainsi le pianiste Alain Jean-Marie. En 2008 il part en tournée en Europe pendant 18 mois, écrit et compose avec l’orchestre « Afrika! Afrika! ». C’est une expérience fantastique qui se déroule sur plus de cinq cents représentations avec une centaine d’artistes venus de toute l’Afrique.

En 2009, de retour en Guadeloupe pour les vacances d’été, il accompagne pour un concert le bassiste Dominique Di Piazza. En France, avec la « Fanfare Ka » il joue en première partie du contrebassiste Ron Carter au Festival de Nîmes. En 2010 il participe en Guadeloupe aux Festivals « Gwoka » et « Rencontre autour du Piano » avec le groupe de Jonathan Jurion et « IloJazz » avec le bassiste Chyco Simeon, venu présenter le répertoire de son album « Ozanam ». A l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, il compose et dirige la section cuivre de l’orchestre de la célébration à Abidjan. L’expérience se fera en apothéose devant 50.000 personnes rassemblées au stade d’Abidjan, et avec plus de cinquante musiciens sur scène et un millier de danseurs. En 2011 il continue à se produire sur de nombreuses scènes en France avec la Fanfare Ka, notamment aux festivals de Radio France et « Jazz & Musique du Monde ».

Psykédélick trio au JAM

En 2012 il appelé au Festival IloJazz de Pointe à Pitre avec le projet « Tanya Autrement » de Tanya St Val, avec Alain Jean Marie, Thierry Fanfant, Franck Nicolas, Gregory Louis et Jean Christophe Maillard. Il participer au projet « Café Créole Blues » de Pierre-Edouard Décimus en Guadeloupe ainsi qu’au Café de la Danse à Paris, en compagnie de Dominique Mirval, Maher Beauroy, Arnaud Dolmen, Tricia Evy et Leedyah Barlagne. Franck Nicolas fait encore largement appel à lui, d’abord pour l’enregistrement de l’album « Psychédelick trio », puis également pour jouer avec Jazz Ka Philosophy à Jazz à Sète et la Fanfare Ka. Il participe à Paris à la 7e édition des  » Caribéennes de Mai » du Baiser Salé avec Jazz Ka Philosophy, Sow-B 4tet et le Nono Experiment Quintet.

L’année 2013 démarre également sur les chapeaux de roues, toujours avec le Psychédélick Trio de Franck Nicolas en compagnie du guitariste Pascal Corriu, au JAM à Montpellier et au New Morning à Paris dans le cadre du Festival Ka Blues Vibrations. En Guadeloupe il participe à la résidence du Nono Experiment au Centre Culturel de Sonis avec Jonathan Jurion, Ralph Lavital, Damian Nueva, Arnaud Dolmen. Sonny Troupé l’appelle pour participer à sa résidence de gwoka, Nouvo Lokans, avec Christian Laviso, Mano Fala, Arnaud Dolmen, Zagalo, Jean Pierre Coquerel et qui est présentée au Festival Rio Loco à Toulouse.

d’après le texte de Sylvain Jospeh
Mise à jour 29 octobre 2013

Discographie

Coverfront050 Psychédélick Trio – 2013 – Franck Nicolas & Jazz Ka Philosophy – avec Franck Nicolas, Grégory Privat, Arnaud Dolmen, Sylvain Joseph, Pascal Corriu
brazza50 Sur la route des caravanes - 2013 – Les Tambours de Brazza

Festival Mizik Kaskod en Martinique

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kaskodDu 7 au 10 novembre prochain, au Prêcheur en Martinique, c’est la deuxième édition du Misik Kaskod Festival, le Festival des Musiques de Résistance ! Comme l’indique l’équipe du Festival : « Plus que la première édition, nous vous proposons pour ce deuxième festival trois jours de programmation, riche en authenticité, avec : 9 concerts dont 6 gratuits, une dizaine d’artistes du pays et internationaux, un village artisanal, un village culinaire, un espace vidéo d’images du Territoire Nord, des rencontres-débats, découverte de sites naturels et historiques…, une invitation au voyage au Prêcheur pour vivre un enracinement en Pays Nord.« .

Alternance de concerts gratuits et payants donc, et le programme à retrouver sur leur site web. Parmi les artistes, deux prestations de Baylavwa, emmené par Jean-Paul Elysée les 7 et 8 novembre, et qui en profitera pour présenter son nouvel album, Ansamn, dont nous avons parlé récemment. Vous pourrez également écouter Frantz Laurac, Bwakoré et Yuri Bunaventura (le 9) ainsi que Fal Frett et Tony Chasseur (le 10).

Andy Narell dans le cadre du mois du doc

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Andy-Narell---Alive---frontPour la 14 ème année, le mois de novembre est consacré à la découverte et à la promotion des films documentaires. De nombreux acteurs, en Guadeloupe participent activement à cette manifestation. Des projections, des rencontres et des débats sont organisés à travers l’archipel. Vous pouvez retrouver la programmation complète du Mois du Doc sur leur site en cliquant ici.

Dans le cadre du thème « Trinidad et Tobago : Magnifier le pays », vous pourrez assister à la projection du film « Andy et les Jumbies » réalisé par Laurent Lichtenstein en 2010. Nous avons eu l’occasion de parler de ce formidable DVD réalisé autour d’Andy Narell lors de sa parution en 2011. En voici le « pitch », extrait du programme du festival : « Andy Narell est reconnu aujourd’hui comme l’un des meilleurs joueurs au monde de Steelpan, seul instrument de musique acoustique inventé au XXème siècle. Andy Narell, bien que né à New York et vivant à Paris, est une véritable star à Trinidad, où il a même été autorisé à se produire en concert et à interpréter ses compositions. Reconnu dans le monde entier, Andy parcourt la planète avec ses pans et se produit régulièrement aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, dans toute la Caraïbe et bien sur en France. Musicien de Jazz il a néanmoins collaboré avec les plus grands musiciens cubains, antillais et américains. Ce film retrace, sous forme de road movie, l’incroyable parcours d’un musicien hors du commun. »

Séance le 21 novembre 2013 à 19h00, à la Médiathèque Caraïbe à Basse Terre.